Croire ou ne pas croire : qui prend le plus gros risque ?
Si Dieu n'existe pas, le croyant et l'athée finissent pareil. Si Dieu existe, l'athée a tout à perdre. Une personne intelligente minimise le risque.
Sommaire
L'argument
Le contexte
Cet argument ne prouve pas directement l'existence de Dieu. Il s'adresse à la rationalité de la position athée du point de vue des conséquences. C'est un argument complémentaire, souvent utilisé après l'argument cosmologique.
Le raisonnement
Si l'athée a raison et qu'il n'y a rien après la mort, alors personne n'a de problème. Le croyant et l'athée finissent tous les deux dans le néant. Aucune conséquence.
2Scénario 2 : Dieu existe, vie après la mort, jour du jugement
Si le croyant a raison et qu'il y a un Dieu, un jour du jugement, une récompense et un châtiment, alors l'athée est en très mauvaise posture. Il a ignoré le Créateur, refusé les signes, et doit maintenant rendre des comptes.
3Qui prend le plus gros risque ?
Mise directement face à la question, la position athée finit souvent par concéder qu'elle prend le plus gros risque : C'est moi qui prends le plus gros risque.
4Le principe de rationalité
Une personne intelligente et rationnelle minimise le risque, elle ne le maximise pas. C'est un principe appliqué partout : assurance, investissement, santé. Pourquoi ne pas l'appliquer à la question la plus importante de ta vie ?
Position islamique
Le Coran avertit constamment des conséquences du rejet : Ceux qui ne croient pas et traitent Nos signes de mensonges, ceux-là seront les gens du Feu
2:39. Mais il précise aussi que Dieu a donné à chacun la raison et les signes pour arriver à la vérité.
Objections courantes et réponses
« C'est le pari de Pascal, il est réfuté depuis longtemps »
crois juste au cas où. On dit : après avoir établi par la logique qu'un Créateur est la seule explication rationnelle de l'univers, l'argument du risque est un rappel supplémentaire. Le risque n'est pas le fondement de la croyance, c'est un signal d'alarme pour celui qui hésite malgré les preuves.
« Quel dieu ? Il y en a des milliers »
« Je maximise le risque parce que la récompense en vaut la peine »
Reformulation : néant vs enfer
Face à un ex-musulman qui ne croit plus ni au paradis ni à l'enfer, on peut reformuler l'argument du risque sous la forme d'un choix binaire concret :
- Option A : tu meurs et tu tombes dans le néant pur (non-existence). Aucune expérience, aucun regret, rien.
- Option B : tu meurs et tu te retrouves dans une éternité en enfer.
Quelle option est la plus sûre
? L'option A, évidemment, personne ne souffre dans le néant. La préférence rationnelle va au néant plutôt qu'au feu éternel. La vraie question s'impose alors : peux-tu garantir à 100 % que l'enfer n'existe pas ? Réponse : non. Il y a une possibilité réelle, non nulle, que l'enfer existe.
Posée ainsi, la question devient plus crue : préfère-t-on entrer dans la non-existence pure, c'est-à-dire cesser totalement d'exister, ou se retrouver dans une éternité en enfer ? Tout le monde préférerait évidemment la première hypothèse. Et personne ne peut affirmer à cent pour cent que l'enfer n'existe pas. Ce risque demeure toujours présent, et cette possibilité non nulle change tout. En matière de vie et de mort, une personne rationnelle ne prend pas ce risque à la légère. On ne traverse pas la route en présumant que le bus ne tuera probablement
pas, on regarde des deux côtés. Pourquoi serait-on moins prudent sur la question de l'au-delà, qui engage l'éternité et non quelques années ?
L'asymétrie devient évidente :
- Si l'incroyant a raison et qu'il n'y a rien après la mort, il ne
gagne
rien, il finit comme le croyant dans le néant. - Si le croyant a raison, l'incroyant perd tout, éternellement.
Le seul moyen de rationaliser le refus de prendre ce risque serait de démontrer qu'il est strictement impossible que l'enfer existe. Pour adopter sereinement la posture de l'athée, il faudrait écarter cette possibilité, la balayer, parce qu'elle est un risque, et un risque élevé. Or personne ne peut faire cette démonstration. Le refus est donc émotionnel, pas rationnel.
Symétrisation du pari et choix par évidences
Un cadre complémentaire répond à l'objection et si les chrétiens ou athées avaient raison ?
. La mise en scène binaire du pari classique peut être symétrisée indéfiniment : Nous pouvons la produire comme : et si Zeus avait raison ? Et si Poséidon existait ? Ou les hindous ? Un athée peut dire : et si l'islam avait raison ?
Toutes les religions historiques peuvent se revendiquer du même argument du risque ; l'argument seul ne tranche donc rien.
La sortie : ne pas choisir une religion par nom, mais par preuves. Plutôt que d'idéologies philosophiques ou de noms, nous parlons de ce qui doit être proposé par le créateur et non par un humain. Et s'il y a des preuves pour cela, et si ces preuves nous convainquent, nous l'acceptons.
L'argument du risque n'est donc ni un point de départ, ni une conclusion autonome : c'est un rappel que le croyant n'a rien à perdre, après que l'examen des preuves a déjà départagé les religions candidates.
Le critère de sélection est interne : la révélation la plus probable d'origine divine est celle qui (a) pointe vers des vérités inaccessibles à un humain de son époque, (b) se soumet à un test de falsification explicite, (c) présente une cohérence interne vérifiable. Le Coran se distingue sur ces axes: un défi ouvert à produire l'équivalent d'une seule sourate (2:23), une préservation textuelle sans équivalent dans l'histoire religieuse, et une structure doctrinale qui tient sans retouche après quatorze siècles. L'argument du risque n'est donc pas un raisonnement au cas où
appliqué à un dieu indéterminé, mais un rappel de prudence après avoir rationnellement identifié le candidat le plus probable.
En résumé
L'athéisme n'est pas la position rationnelle par défaut. C'est la position qui maximise le risque sans raison valable. Le croyant ne perd rien dans le pire des cas et gagne tout dans le meilleur.
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