RéfutationContre Christianisme

Ce que Paul dit de la fin des temps : le Christ remet tout au Père

Débat de rue : une lecture descriptive de 1 Corinthiens 15 et de Jean 17:3, deux passages où le texte lui-même place le Père au-dessus du Fils

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Contexte

Lors d'un débat de rue, un dāʿī musulman engage une longue conversation avec un visiteur chrétien. L'échange couvre la Trinité, la mission de Jésus, l'omniscience, la tentation au désert, puis glisse vers une série de versets bibliques que beaucoup de chrétiens connaissent mal: 1 Corinthiens 15:24-28, Jean 14:28, Jean 17:3. L'approche du dāʿī se veut descriptive: il ouvre le texte, cite les mots, et demande ce que le passage dit, pas ce que la dogmatique postérieure lui fait dire.

Déroulé

Cadrage initial. Le dāʿī rappelle son mode: il ne demande pas de croire aveuglément, il demande qu'on examine les preuves. Il liste plusieurs arguments contre le cadre chrétien (trithéisme, transmission, péché originel, substitution) qu'il estime laissés sans réponse. L'interlocuteur proteste sans formuler de réfutation précise.

Mission limitée de Jésus. Le premier passage ouvert est Matthieu 15:24. Dans la scène de la femme cananéenne, Jésus répond à ses disciples: Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël. Le dāʿī relève la tournure exclusive: pas aussi, mais seulement. Il rappelle que les douze reçoivent la même consigne: N'allez pas vers les païens, et n'entrez pas dans les villes des SamaritainsMatthieu 10:5. Dans la logique du Coran, Jésus (paix sur lui) est envoyé aux Banū Isrāʾīl, comme le texte biblique lui-même le précise.

Un critère de définition. Le dāʿī pose alors un principe simple: celui qui adore n'est pas celui qui est adoré. Dieu est le Digne d'adoration; il n'adore personne, parce qu'il est Autosuffisant. Or Jésus prie, supplie, pleure, se prosterne, dit: Non pas ma volonté, mais la tienne. C'est une posture d'adoration. Le visiteur essaie d'introduire l'exaltation comme nuance, mais ne soutient pas la distinction dans la durée.

Le passage qui clôt l'échange. Le dāʿī introduit ensuite 1 Corinthiens 15:24-28. Paul y décrit la fin des temps: le Christ remet le Royaume à Dieu le Père, toutes les puissances sont soumises, puis le Fils lui-même est soumis à Celui qui lui a tout soumis, afin que Dieu soit tout en tous. Le dāʿī reformule la scène: après le Jugement, le Christ rend à Dieu ce qu'il détenait, pour que Dieu devienne Dieu de tous en même temps. Il pose la question: qui est le plus haut, celui qui remet, ou celui à qui on remet? Le visiteur concède: Pas Jésus. Celui à qui il remet.

La glorification unidirectionnelle. Le dāʿī enchaîne avec Jean 17:1 et Jean 8:54. C'est le Père qui glorifie le Fils, jamais le Fils qui glorifie le Père de la même manière. Celui qui reçoit la gloire d'un autre n'est pas l'absolu. L'absolu est celui qui donne la gloire, pas celui qui la tient d'un autre.

Jean 14:28. Vient ensuite Jean 14:28, où Jésus dit: Le Père est plus grand que moi. Le visiteur oppose l'argument classique: on ne compare que ce qui est de même essence. Le dāʿī retourne l'objection: si les deux sont égaux en tout, connaissance, puissance, gloire, alors aucune ne peut être dite plus grande que l'autre. Le visiteur tente de distinguer engendré et non-engendré; la distinction maintient l'asymétrie sans la supprimer: quiconque dépend d'un autre pour son être n'est pas l'absolu par définition.

Jean 17:3. Le dernier passage est Jean 17:3, dans la prière que Jésus adresse au Père. Le texte dit: La vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. Le dāʿī dégage la structure: deux clauses, deux identifications distinctes. Le Père est le seul vrai Dieu. Jésus est celui qu'il a envoyé. Le visiteur cherche d'abord à subsumer Jésus sous la première clause, puis cède: Jésus ne peut pas être le seul vrai Dieu sous aucune forme.

Sortie cordiale. Le dāʿī doit partir prier. Les deux se séparent sans hausser le ton.

Ce qui ressort

  • Mission circonscrite. Matthieu 15:24 et Matthieu 10:5 disent que Jésus et les douze sont envoyés à Israël, pas à l'humanité entière. La lecture universaliste est ultérieure, issue de la mission paulinienne.
  • Asymétrie eschatologique. 1 Corinthiens 15:24-28 décrit une opération terminale: le Christ remet, Dieu reçoit. Le texte pose explicitement la subordination finale du Fils.
  • Asymétrie de glorification. Dans Jean 17 et Jean 8, la gloire circule dans un seul sens. Le Fils demande, le Père donne.
  • Identification explicite. Jean 17:3 nomme le Père seul vrai Dieu dans la bouche même de Jésus, qui se désigne en parallèle comme celui que tu as envoyé, c'est-à-dire un messager.
  • Critère du culte. Celui qui adore n'est pas celui qui est adoré. Le Coran y revient: Il n'appartient pas à un homme à qui Allah a donné le Livre, la sagesse et la prophétie, de dire aux gens: soyez-moi des adorateurs à la place d'AllahCoran 3:79.

Conclusion

L'échange pose le texte à plat et demande ce qu'il dit. Jésus se déclare envoyé aux seules brebis perdues d'Israël. Paul décrit le Fils remettant tout au Père à la fin. Jésus appelle le Père seul vrai Dieu dans la prière qui scelle son ministère. Ce que le visiteur n'était pas prêt à voir, c'est que son propre texte identifie à plusieurs endroits un Dieu au-dessus du Fils, un Fils qui prie, qui sert, qui rend le Royaume. C'est cette configuration précise que le Coran confirme quand il présente Jésus (paix sur lui) comme prophète et serviteur: Je ne suis qu'un serviteur, à qui Allah a donné le Livre et a fait de moi un prophèteCoran 19:30.

L'échange original

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DawahWise · 25 février 2026 · ~46 min

Un dāʿī musulman lors d'un débat de rue·Un visiteur chrétien

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