RéfutationContre Christianisme

Un chrétien refuse de lire Jean 17 verset par verset : la leçon d'école du dimanche

Débat de rue : à chaque verset de Jean 17, le visiteur saute au suivant pour échapper aux aveux qu'il vient de lâcher

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Contexte

Lors d'un débat de rue, un dāʿī musulman propose à un chrétien de lire Jean 17 verset par verset, et de dire à chaque ligne ce que Jésus (paix sur lui) y affirme de lui-même et du Père. Le visiteur, habitué aux harmonisations trinitaires, saute au verset suivant dès qu'un constat embarrassant tombe. L'échange finit par ressembler à une heure d'école du dimanche: on reprend la leçon à la base parce que l'élève refuse d'admettre ce que la page dit.

Déroulé

Philippiens 2 en préambule. Le visiteur cite Philippiens 2: Jésus aurait eu sa gloire depuis le début, mise de côté, puis redemandée. Le dāʿī retourne l'image. Si tu confies ta bouteille à quelqu'un et que tu dois la redemander en disant rends-la moi, pendant ce temps tu ne l'avais plus. La gloire que Jésus sollicite en Jean 17:5 est une gloire qu'il n'a pas au moment où il prie.

Jean 17:2: l'autorité donnée. Le Père a donné au Fils autorité sur toute l'humanité. L'autorité est-elle intrinsèque à Dieu? Le visiteur concède: oui, pour le Père. Pourquoi le Fils doit-il donc la recevoir? Un être à qui l'on confère ce que l'autre possède de toute éternité n'est pas coégal à cet autre. Une autorité déléguée est le marqueur des messagers, pas de Dieu.

Marc 13:32: le Fils ignore. Personne ne connaît l'Heure, ni les anges, ni le Fils, sauf le Père. Le visiteur tente la manoeuvre connue: le verbe grec ne voudrait pas dire savoir mais dire. Test élémentaire: si tu me demandes l'heure sans montre et que je ne la connais pas, tu ne dis pas il ne m'appartient pas de la dire, tu dis je ne sais pas. Aucun traducteur sérieux n'a jamais rendu ce verbe par dire.

Jean 17:3 lu lentement. La vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. À qui le toi s'adresse-t-il? Au Père. Donc le seul vrai Dieu, c'est le Père. La seconde proposition dit que Jésus est le Christ, un envoyé, pas un second Dieu. Un commentateur latin de l'Antiquité a voulu réécrire l'ordre des mots de ce verset, preuve qu'il gênait déjà les premiers trinitaires.

Jean 17:4: accomplissant. Je t'ai glorifié sur la terre en accomplissant l'oeuvre que tu m'avais donnée à faire. L'oeuvre est donnée par le Père, comme on donne à un envoyé sa mission. Le participe accomplissant décrit un travail en cours, pas terminé. Le visiteur tente d'importer ici le tout est accompli de la croix, sautant de Jean 17, prononcé avant la passion, à Jean 19, prononcé sur la croix.

Jean 20:17: mon Dieu et votre Dieu. Jésus ressuscité dit à Marie Madeleine: Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. Cette relation Père-fils que le visiteur voulait unique, Jésus la partage avec ses disciples. Ni filiation biologique ni filiation de nature divine, mais relation spirituelle de créature à Créateur, la même qu'ont tous les croyants. Et surtout: Dieu a-t-il un Dieu?

Hébreux 1: Dieu a un Dieu. Le visiteur cite Hébreux 1:8-9 pour prouver que le Père appelle le Fils Dieu. Le dāʿī lit la suite: C'est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu t'a oint. Dans le même souffle, le texte donne un Dieu à celui qu'il vient de nommer Dieu. Celui nommé Dieu ici l'est dans un sens subordonné, celui des psaumes où Moïse (paix sur lui) est elohim pour Pharaon, où les juges sont appelés dieux, où même Satan est dieu de ce monde en 2 Corinthiens 4:4. Le vocabulaire biblique absorbe juges, anges, rois et adversaires. Le nom Allah, lui, est réservé à l'unique objet du culte.

Jean 17:22: la gloire divine partagée. La gloire que tu m'as donnée, je la leur ai donnée, afin qu'ils soient un comme nous sommes un. Le visiteur reconnaît que Jésus partage sa gloire avec ses disciples, et admet qu'il s'agit d'une gloire divine. Or Isaïe 42:8: Dieu ne partage sa gloire avec personne. Soit cette gloire n'est pas divine, soit les disciples deviennent divins. Dans les deux cas, la coégalité trinitaire ne tient plus.

Ce qui ressort

  • La lecture continue défait l'harmonisation. Lu ligne par ligne, Jean 17 ajoute à chaque verset un prédicat incompatible avec la coégalité: gloire reçue, autorité donnée, oeuvre en cours, Dieu identifié au Père seul.
  • Jean 20:17 ferme la sortie. La relation Père-fils n'est pas unique: Jésus (paix sur lui) la partage avec ses disciples. L'attribut ontologique redevient métaphore spirituelle commune à tous les croyants.
  • Hébreux 1 se retourne. Le texte cité pour prouver la divinité du Fils dit, dans la phrase suivante, que ce Fils a un Dieu qui l'a oint. Jésus (paix sur lui) est le Messie envoyé par Dieu, béni par son Seigneur.
  • Le vocabulaire islamique est plus exigeant. Le flou de elohim et theos rend l'équivoque trinitaire possible. La précision du mot Allah la rend impossible.

Conclusion

Le dāʿī garde le doigt sur la ligne en cours et oblige à dire à voix haute ce que le texte énonce. Jésus (paix sur lui) reçoit sa gloire, reçoit son autorité, accomplit l'oeuvre qu'on lui donne, ignore l'Heure, a un Père qui est aussi celui de ses disciples, a un Dieu qui le bénit, partage la gloire reçue avec ceux qui croient en lui. Il ne reste pas grand-chose de la coégalité trinitaire, et ce qui reste est exactement la confession musulmane: un seul vrai Dieu, et Jésus est son Messie et son messager.

L'échange original

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DawahWise · 3 avril 2026 · ~68 min

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