DéfenseContre Athéisme

Si Dieu existe, pourquoi ne stoppe-t-Il pas les viols et les atrocités ?

Le mal dans le monde ne prouve pas l'inexistence de Dieu, il découle de l'usage libre que les humains font du don du libre arbitre ; Dieu a fourni les règles (Coran et sunna) pour guider, mais empêcher physiquement tout crime abolirait le test moral et réduirait les âmes vertueuses et criminelles à un même niveau indistinct.

8 min de lecture8 arguments

L'Argument

Le contexte

Avant toute théologie, il faut dire ceci clairement : la souffrance des enfants, la torture des innocents, les atrocités subies par des victimes sans défense sont réelles, et aucun argument rationnel ne les efface. Les pages qui suivent ne prétendent pas supprimer la douleur qu'elles causent. Elles répondent à une thèse précise : celle qui voudrait que ces souffrances, en elles-mêmes, prouvent l'inexistence ou l'indifférence de Dieu. La question est logique, pas affective, et elle mérite d'être traitée séparément.

L'objection athée la plus chargée émotionnellement : Si Dieu existe, pourquoi permet-il les viols, la torture d'enfants, les atrocités? Ses pouvoirs ou sa miséricorde sont-ils limités? La réponse distingue l'existence de Dieu de sa volonté, défend la valeur du libre arbitre, et réinscrit la souffrance dans le cadre eschatologique islamique.

Le raisonnement

1Le mal n'est pas une preuve de l'absence de Dieu

Le mal dans le monde n'est pas une preuve de l'absence du Créateur. Il ne prouve pas qu'il n'y a pas de Dieu. Ces questions relèvent de la volonté du Créateur : pourquoi empêche-t-il ou n'empêche-t-il pas la persécution est une question de volonté, pas une démonstration de son absence. L'existence de Dieu est établie par les arguments cosmologique, de contingence, de L'univers est-il réglé trop finement pour être un hasard?, et le problème du mal, au mieux, pose une question sur la nature de Dieu, pas sur son existence. Confondre les deux est une erreur logique.

Quelqu'un qui regarde un téléphone et n'apprécie pas l'une de ses fonctionnalités peut dire je n'aime pas ça, mais il ne peut pas dire donc personne ne l'a fabriqué. L'aversion pour une caractéristique n'est pas une preuve de l'inexistence du concepteur.

2Dieu a fourni la solution : des règles morales révélées

Loin d'être absent, Dieu a explicitement enseigné ce qui est bien et ce qui est mal. Le Coran contient des normes morales précises : tuer une âme innocente équivaut à tuer toute l'humanité (5:32, principe prescrit aux Enfants d'Israël et repris par le Coran), la zakat est obligatoire pour prévenir la famine, la fornication, le vol et l'injustice sont interdits sans concession. Si une personne ne suit pas les règles offertes par Allah, elle est coupable, car Allah a donné ces règles à travers le Coran et la sunna. Dieu n'est pas un absent qui regarderait passivement : il a parlé, il a guidé, et les criminels enfreignent une loi connaissable.

3La compassion dans le monde vient de Dieu lui-même

Allah est compatissant, et c'est lui qui donne la compassion, la tendresse maternelle, le regard de pitié sur les outrages. Constater la compassion et en rejeter la source est incohérent. L'indignation devant le mal est une preuve indirecte de Dieu : on reconnaît le mal parce qu'on a été conçu avec une boussole morale. Sans concepteur moral, l'indignation n'aurait aucune base objective, elle ne serait qu'une réaction chimique.

4Distinction clé : créer n'est pas commettre

Ce n'est pas un mal que le mal puisse exister, c'est un mal qu'il soit commis. Dieu crée le feu, utile et vital : si quelqu'un y met la main, on n'accuse pas le feu ni son créateur. Il crée le couteau, outil utile : si un criminel s'en sert pour tuer, on n'accuse pas le forgeron. Il crée la pulsion sexuelle, base du mariage, de la famille et du bonheur conjugal : si un homme l'utilise pour violer, c'est son crime à lui, pas celui du Créateur de la pulsion.

La volonté est ce qui fait d'un humain un humain et lui donne la capacité de distinguer le bien du mal. Qui utilise son libre arbitre pour pécher, pour violer, commet son propre mal, son propre péché.

5Pourquoi Dieu n'intervient-il pas miraculeusement?

Dieu peut bien sûr empêcher tout crime. Mais son jugement est absolu : il fait toujours ce qui est le plus précieux et le plus logique. Si chaque tentative de mal était miraculeusement déjouée, les tribunaux et les procès disparaîtraient, puisque le crime ne pourrait même pas être amorcé.

Imaginons un monde où chaque tentative de crime est empêchée par miracle : le couteau ne pénètre pas, la balle dévie, la main du violeur est paralysée. Les conséquences sont claires. Plus de tribunaux, puisque aucun crime n'est accompli. Plus de test moral, puisque l'intention criminelle reste mais ne peut s'exprimer. Et surtout, plus aucune différence entre le violeur et le saint : les âmes au cœur de charbon et les âmes au cœur de diamant deviendraient indistinguables.

Le test moral exige que le mal soit possible : une vertu non testée n'est pas de la vertu, c'est de la chance.

6La souffrance est relativisée par l'eschatologie

On ne s'inquiète pas des ennuis d'un personnage au milieu d'un film quand on sait qu'il y a une fin heureuse, parce qu'on en connaît la fin. La vie terrestre ressemble à un cauchemar : une personne fait un cauchemar qui semble durer des années, et au réveil, une tasse d'eau suffit à en effacer toute la détresse. Dieu, qui peut effacer les souffrances d'un cauchemar par un simple verre d'eau, peut a fortiori effacer toutes les souffrances terrestres par la récompense éternelle du paradis. Pour qui connaît l'au-delà et connaît le paradis, les troubles de ce monde paraissent dérisoires.

7Ce monde n'est pas destiné à être le paradis

Ce monde est un terrain d'entraînement vers le paradis. Sur un terrain d'entraînement, il y a forcément des épreuves. Se plaindre qu'il y ait des épreuves ici-bas, c'est se plaindre que le gymnase soit difficile. Le gymnase n'est pas la destination, la destination est la santé. De même, ce monde n'est pas la récompense, la récompense est le paradis.

8La preuve de l'au-delà par la sagesse divine

Imaginons qu'un grand architecte construise un bâtiment de dix étages. Si l'on disait qu'il ne posera pas le toit et qu'il s'en va comme ça, personne ne le croirait, parce que chacun sait à quel point l'architecte est sage. De la même manière, Dieu le Sage (Al-Hakim) ne laisserait pas ce monde sans toit. L'au-delà est le toit que la sagesse divine manifestée dans la création exige rationnellement.

Position islamique

Le Coran reconnaît ouvertement l'existence du mal et de la souffrance comme partie du test : Nous vous éprouverons par un peu de peur, de faim, et de perte de biens, de personnes et de fruits. Et fais la bonne annonce aux endurants2:155. La justice finale est centrale : Quiconque aura fait le poids d'un atome de bien le verra, et quiconque aura fait le poids d'un atome de mal le verra99:7-8. Les opprimés sont promis à une récompense infinie, les oppresseurs à une justice exacte : Ne pense point qu'Allah soit inattentif à ce que font les injustes. Il leur accorde juste un délai jusqu'au jour où les regards se figeront14:42. Le Prophète ﷺ a dit : « Le musulman, si une épine le pique, Allah lui en fait expiation de ses péchés. » (Bukhari)

Objections courantes et réponses

Objection
« Mais les victimes innocentes, que font-elles dans ton schéma? »
Réponse
Elles sont prises en compte, à la mesure exacte de leur souffrance. Le Coran promet une justice absolue : les innocents qui souffrent seront compensés à l'infini, et leurs bourreaux rendront des comptes. La vie terrestre n'est qu'un prologue de soixante-dix ou quatre-vingts ans face à une éternité où chaque larme sera essuyée. Si l'au-delà n'existait pas, l'objection serait dévastatrice. Puisqu'il existe, l'injustice apparente de ce monde est temporaire, la justice est seulement différée.
Objection
« Le libre arbitre ne suffit pas à expliquer les tsunamis et maladies (mal naturel) »
Réponse
Les calamités naturelles ne sont pas des maux moraux, ce sont des épreuves qui remplissent plusieurs fonctions : tester la patience et la foi, rappeler la fragilité humaine, compenser par une récompense infinie. Le Prophète ﷺ a dit que le croyant frappé par une épreuve voit ses péchés effacés. Ce qui semble être mal naturel est, du point de vue eschatologique, un don déguisé.
Objection
« Dieu aurait pu créer un libre arbitre qui choisit toujours le bien »
Réponse
Cela contredit la définition du libre arbitre. Un agent qui choisirait nécessairement le bien ne choisirait rien : il serait simplement programmé. Le bien moral a de la valeur parce qu'il aurait pu ne pas se produire. Un libre arbitre qui ne peut choisir que le bien est un oxymore, comme un triangle à quatre côtés. Dieu peut faire tout ce qui est logiquement possible, pas ce qui est logiquement contradictoire (le critère de cohérence pour Dieu).
Objection
« Il y a trop de souffrance, même au nom du test »
Réponse
Trop par rapport à quelle mesure? Le cadre humain est une vie de soixante-dix ans, la mesure divine est l'éternité. Ce qui est une catastrophe à l'échelle humaine est un grain de sable à l'échelle éternelle, et la compensation est infinie. On n'a pas accès à toute la sagesse : on voit le chaos local, pas le design global. Le reproche de trop présuppose une connaissance du bilan qu'on n'a pas.

En résumé

Le problème du mal ne réfute pas Dieu. Son propre libellé (c'est injuste) présuppose une norme morale objective qui n'existe que si Dieu existe. La coexistence du mal et de Dieu s'explique par le libre arbitre humain, par la valeur d'un test moral authentique, et par l'existence d'une justice finale dans l'au-delà. La souffrance n'est jamais le dernier mot : elle est un moment d'un drame plus vaste dont la fin est la justice absolue de Dieu, qui récompense les opprimés et punit les tyrans.

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