RéfutationContre Christianisme

Un chrétien admet qu'il est d'accord pour que le pardon passe par l'effusion de sang d'un innocent

débat de rue, dimanche de Pâques : après cinquante minutes de discussion sur la Pâque juive, le péché originel et la malédiction de Galates 3:13, un visiteur chrétien concède devant caméra que la seule voie de pardon qu'il accepte est la mise à mort d'un innocent

5 min de lecture

Contexte débat de rue, dimanche de Pâques.

Un chrétien anglican engage la discussion sur le sens de la fête. L'échange passe par la Pâque juive, le péché originel, Galates 3:13 et la généalogie de Jésus (paix sur lui), pour finir sur la question centrale: Dieu a-t-il besoin de tuer un innocent pour pardonner?

La dixième plaie et l'agneau pascal

Le visiteur ouvre par une question apparemment technique. Pourquoi la dixième plaie, la mort des premiers-nés marqués ou épargnés par le sang de l'agneau, n'apparaît-elle pas dans le Coran? La réponse: Allah n'est pas injuste au point de tuer un nouveau-né parce qu'une porte n'a pas été badigeonnée. Le récit que le Coran conserve, c'est celui du sauvetage de Moïse (paix sur lui) et des Enfants d'Israël face à Pharaon. Pas un édifice rituel qui ferait dépendre la vie d'un enfant d'un signe sur un linteau.

Le chrétien enchaîne avec la lecture typologique: la Pâque annoncerait Jésus, l'agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. L'équivalence ne tient pas. La Pâque de l'Exode n'a rien à avec la rémission des péchés: elle protège les foyers d'un jugement visant l'Égypte, elle ne lave pas des fautes. Le visiteur glisse vers une seconde lecture, détourner la colère de Dieu. Détourner une colère et enlever un péché ne sont pas la même opération.

Le péché originel appliqué aux nouveau-nés

Pour justifier que Dieu puisse juger un enfant dans la plaie, le visiteur introduit le péché originel. Tout humain serait coupable en Adam (paix sur lui), génétiquement et par représentation. Un nourrisson porterait déjà la faute. La doctrine n'est ni juive ni musulmane, et la Torah elle-même enseigne l'inverse: le père ne porte pas la faute du fils, et le fils ne porte pas la faute du père (Ézéchiel 18:20). Le chrétien répond par une distinction construite sur place: cela vaudrait pour la relation d'alliance, mais pas pour la faute adamique. La distinction n'a d'autre source que le besoin de protéger la doctrine qui la requiert.

Galates 3:13: Jésus maudit par Dieu

Le point de bascule. Paul écrit dans Galates 3:13 que Christ s'est fait malédiction pour nous, car il est écrit: maudit est quiconque est pendu au bois, citation directe du Deutéronome 21:23. Paul relie donc Jésus (paix sur lui) à une sentence divine de malédiction. La question tombe: Jésus est-il maudit par Dieu? Réponse sans hésitation: absolument, c'est le cœur de notre foi. Pour le Musulman, elle est insupportable. Le Coran ouvre la sourate Maryam en qualifiant Jésus et sa mère de signes bénis. Le chrétien propose l'inverse, et l'affirme un dimanche de Pâques avec le sourire.

Deutéronome 23:3 prolonge l'inconfort: aucun bâtard n'entrera dans l'assemblée du Seigneur, jusqu'à la dixième génération. La généalogie de Matthieu retrace pourtant la lignée de Jésus par Juda et Tamar (Genèse 38), puis David et Bethsabée. Par son propre texte, le chrétien fait descendre le Sauveur des figures que l'Écriture exclut de l'assemblée. Il l'admet sans détour.

Que perd Dieu à pardonner?

Le chrétien maintient que toute faute exige un paiement. Sans paiement, pas de pardon. Le dāʿī pose la question qu'aucune construction substitutive ne peut esquiver: que perd Dieu quand Il pardonne? La réponse revient en boucle: Il perdrait Sa sainteté parfaite, Sa justice parfaite. La miséricorde, par définition, c'est pardonner à qui ne le mérite pas. Un Dieu qui ne peut pardonner sans d'abord verser du sang innocent n'est pas plus juste, c'est un Dieu sous contrainte.

Mon Dieu n'a pas besoin de la mort d'un innocent pour te pardonner, ni à toi, ni à qui que ce soit. Il peut pardonner. C'est Sa miséricorde, c'est Sa justice, c'est Sa sagesse. Il en est capable.

Le visiteur cherche une issue par la lampe cassée, la dette de cent livres, le coût toujours porté par quelqu'un. Aucune image humaine ne répond à la question divine. Un Dieu qui possède tout ne perd rien en pardonnant.

L'aveu

Au bout de quarante minutes, la question est reposée devant la caméra: es-tu d'accord pour que le pardon passe par l'effusion de sang d'un innocent? Le visiteur répond deux fois, sans détour: je suis d'accord. Le dāʿī lui tend la porte de sortie, par courtoisie: on va s'arrêter là, cela ne fait pas bonne figure. Il la refuse. Ce n'est ni un piège ni un glissement, mais une position doctrinale assumée au micro un dimanche de Pâques. Le seul pardon qu'il reconnaît à son Dieu est celui qui exige la mise à mort d'un homme qu'il proclame par ailleurs innocent et qu'il dit aimer.

Ce qui ressort

  • Injustice structurelle: punir un innocent pour libérer des coupables inverse le sens ordinaire de la justice. Aucune cour terrestre ne l'accepterait; on demande pourtant au Musulman de l'accepter du Créateur.
  • Miséricorde confisquée: réduire le pardon divin à une transaction sanglante, c'est retirer au Divin la prérogative qu'on prétend Lui reconnaître. Le Coran enseigne que la miséricorde d'Allah embrasse toute chose (7:156), et que quiconque se repent sincèrement trouve Allah Ghafūr Raḥīm.
  • Autocontradiction biblique: le chrétien concède sur trois fronts (Ézéchiel 18:20, Deutéronome 23:3, Deutéronome 21:23) sans que l'édifice s'effondre pour lui, simplement parce qu'il y tient.

Conclusion

La crucifixion comme seule mécanique de pardon n'est pas une évidence morale universelle. C'est une construction qu'un croyant honnête, poussé poliment au bout de ses prémisses, finit par revendiquer en termes crus. Allah n'a pas besoin de sang pour effacer une faute. Il Lui suffit d'une parole, et la sourate Az-Zumar (39:53) la donne: Ne désespérez pas de la miséricorde d'Allah, Il pardonne tous les péchés.

L'échange original

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DawahWise · 12 avril 2026 · ~52 min

le dāʿī·un second dāʿī·un second dāʿī·Un visiteur chrétien anglican

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