RéfutationContre Christianisme

La Bible à lettres rouges révèle sa propre corruption

Lors d'un débat de rue, un prédicateur défend John 3:16 comme parole de Jésus et admet qu'Actes 8:37 manque dans le Codex Sinaiticus, sans parvenir à sauver son livre

4 min de lecture

Contexte

Lors d'un débat de rue, un prédicateur chrétien s'approche d'un dāʿī musulman et ouvre sur Marc 16:16, puis John 3:16, affirmant que ce sont des paroles prononcées par Jésus (paix sur lui). Le dāʿī le prend au mot et lui demande d'ouvrir sa propre red-letter Bible, cette édition où les paroles attribuées à Jésus sont imprimées en rouge. L'échange glisse alors vers la critique textuelle, le Codex Sinaiticus et le verset d'Actes 8:37.

Déroulé

Ouverture sur John 3:16. Le prédicateur cite le verset et insiste: c'est Jésus lui-même qui l'aurait dit. Le dāʿī demande comment il le sait. Réponse floue sur le salut personnel et l'expérience vécue. Le dāʿī revient à la question factuelle: qui a prononcé Car Dieu a tant aimé le monde? Le prédicateur maintient: Jésus lui-même.

Le test de la Bible à lettres rouges. Le dāʿī pose alors la question simple: ouvrir cette même Bible et montrer John 3:16 en rouge. Or dans les éditions qui marquent les paroles attribuées à Jésus, ce verset n'est pas en rouge. Le prédicateur feint de chercher ses lunettes, redirige vers un dialogue entre Jésus et Nicodème dans le film The Gospel of John, puis concède que le passage fonctionne comme narration de l'évangéliste, non comme parole directe de Jésus.

Définition posée et acceptée. Le dāʿī propose une définition commune: la corruption, c'est lorsqu'on altère un texte en ajoutant ou en retranchant quelque chose que l'auteur original n'a ni écrit ni autorisé. Le prédicateur tente une diversion sur les variantes de traduction du grec et la polysémie du mot amour. Le dāʿī recentre: il ne parle pas de traductions, il parle de versets entiers ajoutés ou retranchés. Le prédicateur concède: dans ce cas, oui, cela constituerait bien une corruption.

Application du critère à Actes 8:37. Le dāʿī demande d'ouvrir la King James à Actes 8:37. Le verset y figure: la profession de foi de l'eunuque éthiopien reconnaissant Jésus comme Fils de Dieu avant le baptême. Le dāʿī annonce la suite: ce verset est absent du Codex Sinaiticus, du Codex Vaticanus, du P45, les plus anciens témoins grecs complets du Nouveau Testament. Il est absent de la NIV, de l'ESV, de la NASB. Les éditeurs modernes l'ont retiré précisément parce qu'ils l'ont reconnu comme ajout tardif.

La dérobade. Plusieurs sorties sont tentées. D'abord: Je n'ai pas vu le Codex Sinaiticus. Ensuite: Je ne lis pas la NIV. Puis: Peut-être que la NIV est démoniaque. Chaque esquive retourne contre lui. Le dāʿī rappelle que la raison donnée par les éditeurs des versions modernes pour retirer Actes 8:37 est explicitement l'absence du verset dans les manuscrits du IV siècle découverts à la fin du XIX siècle. La King James repose sur le Textus Receptus reconstruit à partir de manuscrits du V siècle, sans accès aux témoins plus anciens.

Repli sur le témoignage personnel. Acculé, le prédicateur change de registre: Le livre fonctionne pour moi, je suis guéri, je parle en langues. Le dāʿī neutralise aussitôt: si ça marche pour moi suffit à établir la vérité d'un livre, alors le Coran marche pour les musulmans, et un hindou pourrait en dire autant de ses textes. Le prédicateur admet le principe, lance que seul Dieu jugera à la fin, et s'éloigne sans répondre à la question textuelle.

Ce qui ressort

  • La red-letter Bible est un aveu visuel. L'édition même que les évangéliques utilisent pour distinguer les paroles de Jésus admet que John 3:16 n'est pas une parole de Jésus mais une glose de l'évangéliste. Pourtant le verset est prêché comme si Jésus l'avait dit.
  • Actes 8:37 est un cas d'école de tahrif. Le verset existe dans la King James, absent des plus anciens manuscrits grecs, retiré par les éditeurs modernes de la NIV, de l'ESV, de la NASB. Les éditeurs chrétiens eux-mêmes documentent l'ajout.
  • Le critère a été accepté. Ajouter ou retirer un verset hors du texte original est une corruption. Le prédicateur l'a concédé avant de l'exemple. Une fois le critère validé, il ne peut plus en refuser l'application à son propre livre.
  • Ça marche pour moi n'est pas un argument. Le prédicateur a lui-même reconnu qu'un hindou pourrait en dire autant. La solidité d'un texte ne se teste pas par l'émotion du lecteur.

Conclusion

Le Coran annonce que les gens du Livre ont altéré ce qui leur avait été confié. L'échange illustre le mécanisme sans recourir à une autorité extérieure: le prédicateur défend la King James, concède la définition de la corruption, admet que son édition à lettres rouges n'attribue pas John 3:16 à Jésus, reconnaît qu'Actes 8:37 est absent des plus anciens témoins grecs, et finit par abandonner le critère rationnel pour se replier sur le ressenti. Le texte qu'il présente comme parole préservée de Dieu porte en lui-même les traces visibles de la main humaine qui l'a remanié. La question posée par le défi coranique de préservation reste intacte: un livre dont l'éditeur moderne retire des versets pour cause d'ajout tardif ne peut pas être reçu comme source fiable de la parole de Jésus (paix sur lui).

L'échange original

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Dawah2Soul · 10 avril 2026 · ~16 min

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