Défense

Pourquoi il refuse de devenir musulman : les raisons d'un passant britannique

Débat de rue : un Britannique non pratiquant énumère ses réserves face à l'Islam et voit chaque objection retournée point par point

4 min de lecture

Contexte

Lors d'un débat de rue, un passant britannique d'une quarantaine d'années s'arrête devant un dāʿī musulman. Il se présente comme un peu religieux, ni chrétien ni musulman, avec une sympathie affichée pour certains textes hindous. L'échange qui suit ne cherche pas la polémique: le dāʿī lui demande simplement d'énumérer les raisons pour lesquelles il n'est pas musulman, puis reprend chaque motif l'un après l'autre.

Déroulé

Le lieu de naissance. Première raison: je viens de Grande-Bretagne, ce n'est pas la religion de mon milieu. Il ajoute qu'il faut sans doute être iranien pour être musulman et britannique pour être chrétien. Le dāʿī retourne la question: faut-il venir d'une région précise pour adhérer à une vérité? Le visiteur concède aussitôt que non.

Le Coran jamais lu. Deuxième raison: je ne suis probablement pas d'accord avec le Coran. Suit l'aveu: il ne l'a pas lu. Le dāʿī lui demande ce qu'il croit y trouver de contestable. Il cite un exemple: la viande.

L'abattage des animaux. Le passant refuse la viande parce que l'animal a une âme. Le dāʿī le suit. Les bactéries ont-elles une conscience? Les plantes souffrent-elles? Le visiteur reconnaît que oui, et qu'il mange quand même des plantes en minimisant la douleur. Le dāʿī saisit l'aveu: c'est exactement le principe de l'abattage rituel. Il prend l'image de la coupure de papier, si fine qu'on ne la sent qu'après, pour expliquer le couteau très aiguisé, le drainage rapide du sang, l'interdiction d'abattre devant d'autres animaux pour ne pas leur imposer le spectacle. Il note au passage que personne ne critique l'abattage casher juif, alors que la méthode est quasi identique.

La préservation de la culture. Quatrième raison, plus personnelle: je ne veux pas l'Islam partout au Royaume-Uni, je veux préserver la culture britannique. Le dāʿī demande quelle part de cette culture Islam mettrait en danger. Réponse: les églises, l'histoire. Le dāʿī rappelle ce que l'histoire réelle donne à voir: en Syrie, avant les guerres récentes, mosquée et église se faisaient face sur la même rue depuis des siècles; à Jérusalem, les quartiers juif, chrétien et musulman cohabitent depuis la conquête. Le stéréotype du musulman qui détruit les monuments des autres religions retient l'épisode des bouddhas de Bamiyan sans les quatorze siècles d'églises orientales préservées sous administration musulmane.

Christianisme orthodoxe et polythéisme. Le visiteur déplace le sujet vers la Trinité. Le dāʿī explique posément que dans le credo trinitaire, le Père est Dieu, le Fils est Dieu, l'Esprit est Dieu: on ne peut pas appeler Dieu trois entités distinctes et prétendre n'en adorer qu'une seule.

Hindouisme et saut de la foi. Le passant préfère le Bhagavad-Gītā, plus puissant émotionnellement, qui parle d'une âme reliée à l'univers. Le dāʿī pousse la logique. Si l'âme est la source de toute connaissance et si nous en possédons une fraction, alors même 0,1 % d'un savoir absolu devrait produire des êtres humains d'une connaissance stupéfiante; ce n'est jamais ce qu'on observe. Les écoles védantiques se contredisent en outre entre elles: certaines affirment que Brahman est avec attributs, d'autres qu'il est sans aucun attribut. Or exister, c'est déjà avoir un attribut. Les deux écoles ne peuvent pas être simultanément vraies.

Le verset agnostique du Rig-Véda. Le dāʿī termine sur un point précis: le Rig-Véda, texte le plus ancien du corpus hindou, contient un hymne qui dit de la création du monde: peut-être Dieu le sait-il, peut-être ne le sait-il pas. Un Dieu qui sait tout ne laisserait pas son auteur hésiter ainsi. Cette position agnostique dans le texte fondateur est une indication interne que la source n'est pas une révélation divine.

Retour au Coran. Le visiteur pose la dernière question: pourquoi le Coran serait-il plus vrai que la Gītā ou la Bible?. Le dāʿī répond que le Coran revendique venir d'Allah et propose à la fois des preuves positives et un test de falsification ouvert à tous. La pluie s'abat sur le parc, le passant doit partir.

Ce qui ressort

  • Les raisons invoquées s'épuisent une à une. Le lieu de naissance, le désaccord avec un livre jamais ouvert, l'éthique alimentaire, la culture nationale: chaque motif tombe quand on le regarde de près.
  • Le refus est culturel avant d'être doctrinal. Le vrai ressort, quand le visiteur descend d'un niveau, c'est la peur de la Grande-Bretagne perdre son paysage d'églises. Ce n'est pas une objection au tawḥīd, c'est une appartenance esthétique et patrimoniale.
  • Le relativisme se mord la queue. Dès qu'on reconnaît qu'adorer un trépied est stupide, on admet qu'il existe un critère de vérité supérieur aux opinions. Le saut de la foi ne tient pas face à sa propre logique.
  • Les textes non coraniques s'autodisqualifient par leur contenu. Un texte religieux qui dit de Dieu peut-être sait-il, peut-être pas ne peut pas être revendiqué comme parole divine par ceux-là mêmes qui professent un Dieu omniscient.

Conclusion

L'échange montre le mécanisme ordinaire du refus: on aligne des raisons disparates, empruntées à la culture, au régime alimentaire, à l'émotion spirituelle, en espérant que la pile finisse par tenir debout. Prise une par une, chaque raison se dissout. Reste l'attachement affectif à une identité britannique, qu'Islam ne menace pas en soi, et une préférence vague pour des textes que le passant admet ne pas avoir étudiés. Le dāʿī ne cherche pas à forcer l'adhésion: il demande d'examiner les motifs, puis laisse partir celui qui est venu, avec la porte ouverte. La scène illustre ce que le Coran répète: ceux qui refusent le signe ne manquent presque jamais d'arguments rationnels, mais ces arguments sont rarement la cause réelle du refus.

L'échange original

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DawahWise · 3 mars 2026 · ~16 min

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